Quels changement en 2016 pour les e-liquides ?

L’application de la Directive européenne qui surviendra en mai 2016 va bouleverser la vie des vapoteurs et des professionnels de la vape, et peut-être même, remettre en question certains pans du secteur ou tout bonnement le développement même de la cigarette électronique.

Le monde des e-liquides n’échappe bien évidemment pas à cette règle : nous verrons que le vapoteur a beaucoup à perdre dans les nouvelles mesures prévues et que le domaine du DIY e-liquide risque d’en sortir affaibli.

Limitation des e-liquides à 10 ml

La nouvelle législation française va interdire tout flacon d’e-liquide nicotinés ayant un volume supérieur à 10 millilitres. L’ensemble des produits concernés vont donc disparaître des vitrines et des boutiques en ligne dès mai 2016 ou progressivement si l’Etat concède aux professionnels un sursis de plusieurs mois pour écouler leur stock non conforme. Cette mesure politique part du principe que la nicotine est mortelle mais aucune donnée scientifique n’apporte la preuve qu’un flacon d’e-liquides de plus de 10 ml exposerait le vapoteur et son entourage à un risque létal. Comme l’a montré le toxicologue autrichien Bernd Mayer en 2015, la dose mortelle de la nicotine est beaucoup plus élevée que le pensaient les scientifiques jusque là et il est incomparable aux doses dans un flacon d’e-liquides.

Plafonnement des bases nicotinées à 10ml

Les bases nicotinées sont elles-aussi concernés par ce plafonnement à 10 ml. De quoi s’agit-il ? Ce sont des bases de propylène glycol et de glycérine végétale, avec ou sans nicotine, qui entrent dans la fabrication de DIY e-liquide, c’est à dire des e-liquides conçus par les vapoteurs eux-mêmes chez eux, à patie d’arômes et liquides prévus à cet effet. Là encore, il n’y a pas plus de preuves scientifiques pour corroborer les risques de tels produits. Mais cette limitation risque de sonner le glas du DIY e-liquide. Le vapoteur se convertissait au diy e-lqiide parce qu’il coûtait bien moins cher que les e-liquides tout prêts. Cette interdiction enlèvera à cette pratique une grande parti de son intérêt financier.

La menace des réservoirs inviolables

L’application de la directive européenne va interdire à la vente tous les réservoirs de cigarettes électroniques de plus de 2 ml et de surcroît que l’on peut remplir soi-même. Autrement dit, seuls les clearomiseurs inviolables et d’une contenance inférieure à 2 ml seront autorisés sur le marché européen. A ce jour, seuls les clearomiseurs fabriqués par les cigarettiers remplissent ces conditions. C’est donc un avantage donné à l’industrie du tabac qui n’ont que pour seul objectif de proposer des cigarettes électroniques inefficaces pour maintenir leur clientèle dans le tabac, un marché bien plus lucratif. Si les réservoirs sont scellés, il ne sera plus possible de les charger avec un e-liquide acheté séparément. Le vapoteur n’aura à sa disposition que les saveurs proposées par les fabricants de cigarettes électroniques, à la manière des cartouches d’imprimantes ou des dosettes de café.

Pour finir, rappelons qu’un audit et un délai de 6 mois seront imposés aux fabricants avant chaque nouvelle mise en vente. Si cette obligation va ralentir considérablement l’innovation qui a permis jusque là à la cigarette électronique de prospérer, elle va avoir un coût : les marques devront se lancer dans de longues procédures administratives avant chaque mise sur le marché et s’acquitter de la comme de 4000 euros pour chaque nouveau e-liquide vendu.

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